5 juin 2014

RÉFORME TERRITORIALE : hypocrite et dévastatrice



Le Président de la République n'aura donc rien changé à ses objectifs initiaux, comme d'habitude. Et la méthode qu'il dévoile pour la réforme territoriale se situe dans le registre du cirque ! C'est l'un des symptômes de la crise démocratique profonde que nous traversons et dont les deux dernières élections ont à nouveau montré la gravité. Aucune leçon n'est tirée.

AUSTÉRITE ET ARBITRAIRE
Alors qu' il faudrait rechercher un nouvel élan démocratique, sa réforme territoriale n'affiche pas d'autre ambition que l'austérité accrue pour les budgets publics et l'accroissement de la compétition entre territoires, conformément aux injonctions européennes. Cela se fait au prix d'une aggravation de l'autoritarisme inhérent à la Vème République et de la mise en place de pouvoirs de plus en plus technocratiques abrités de la souveraineté populaire.

 Si la démarche présentée est si acrobatique, c'est pour éviter une validation démocratique aux résultats incertains. Ainsi, on redécouperait les régions au gré des vents avant même que de définir les missions des collectivités. Tout serait imposé sans s'appuyer sur le bilan de l'action menée dans les diverses collectivités et sur la créativité qui a fait la force de la décentralisation.

 Le Parti communiste n'accepte pas le double-langage qui consiste à décréter que les communes sont "une petite République dans la grande" tout en augurant leur démantèlement. Le fait de plonger les départements en respiration artificielle relève de la même démarche de duplicité. Au final le projet est complètement contraire au renouveau de la République, à l'égalité entre territoires, à l'égalité en droits de toutes et tous. Enfin, présenter en soi la suppression d'élus du peuple comme un progrès démocratique et une illusoire source d'économies substantielles ravira la droite et l'extrême droite quoiqu'elles en disent : c'est leur inépuisable fonds de commerce.

 NON AU CHARCUTAGE DES RÉGIONS, VITE LA 6e REPUBLIQUE
La République a besoin d'un sérieux coup de jeune - de passer la 6eme - or il s'agit là d'un acte de destruction qui conduit à une nouvelle concentration des pouvoirs. Une fois de plus, il s'agit de répondre au mieux aux exigences grandissantes des forces patronales et de la finance dont l'emprise s'accroît au fur et à mesure. Les hommes et les femmes de notre pays et de notre continent ont chaque jour qui passe le sentiment accru que le pouvoir est ailleurs, qu'il s'exerce sans eux, qu'ils évoluent dans une démocratie d'apparence. Aucune modification des règles de la démocratie ne peut se faire sans démocratie.
 

Le PCF exige des référendums pour chaque modification et un grand débat, animé par une Constituante, pour refaire de la République notre bien commun et redonner à l'action publique toute l'efficacité que peut revêtir le pouvoir quand il est réellement exercé par le peuple.

29 mai 2014

59% de la dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs

Collectif pour un audit citoyen de la dette publique

Réforme territoriale : changer d'objectifs, d'ambition et de méthode


VERS UNE RÉPUBLIQUE NOUVELLE
La République est à refonder. Notre pays connaît une crise démocratique profonde qui affecte toutes les institutions. Cette crise est le produit des politiques libérales menées depuis des années, confinant de plus en plus les pouvoirs publics au renoncement et à l’impuissance, cédant toujours plus de pouvoir aux logiques des grandes puissances financières.
Cette crise grave appelle un grand mouvement de renouveau démocratique dont notre peuple doit être l’auteur. Pas de changement possible de nos institutions démocratiques sans démocratie, sans consultation des Français. Toute réforme d'ampleur doit être soumise à la ratification populaire par référendum. Notre exigence pour cette réforme des institutions est claire : renouveau démocratique et relance des politiques publiques plus justes et plus efficaces.
La dérive autoritaire en cours. L'oligarchie financière, avec les forces politiques qui veulent bien la servir ont organisé le  déclin de l'efficacité de l'action publique. Dans tous les pays d’Europe, on a ainsi cherché à réduire leur nombre et donc leur capacité d’action, sous couvert d’économies d’une part et de compétitivité d’autre part.

Ce que nous combattons

1. L’austérité qui impose des réductions de budgets pour les collectivités locales en affaiblissant les investissements comme la réponse aux besoins de la population et la garantie des droits humains fondamentaux.
2. Le culte de la compétition acharnée entre les territoires qui conduit à vouloir mettre les institutions publiques au service des projets des décideurs économiques, en les faisant fonctionner sur un mode managérial et technocratique.
3. La volonté affichée de réduire aveuglément le nombre des représentants du peuple et l’idée selon laquelle la démocratie coûterait trop cher et prendrait trop de temps.
4. La réduction insensée des budgets publics. Promettre l’efficacité, promettre une plus grande égalité et ne pas se donner les recettes nécessaires à l’action, c’est se condamner à l’échec.
5. La mort programmée de la décentralisation qui conduit à une recentralisation sur un État lui-même resserré et qui n’en finit pas d’abdiquer de ses responsabilités.

11 mai 2014

L'EUROPE DE LA FINANCE ÇA SUFFIT : TROIS MAUVAISES RAISONS DE S'ABSTENIR

On nous annonce une abstention record aux élections européennes. Ce serait les citoyens les plus en difficulté qui se désintéresseraient de ce scrutin, plus particulièrement parmi celles et ceux qui ont été déçus par la "gauche"au pouvoir. Leur exaspération est légitime, envers l'Europe comme à l’égard du gouvernement ! Se priver d’un vote vraiment de gauche aux élections du 25 mai serait une erreur fatale.

Le Parlement européen : "il n’a aucun pouvoir!"  FAUX
Répétons donc une fois de plus, les fameuses "directives de Bruxelles", telles celles qui libéralisent les services publics ou organisent la mise en concurrence des travailleurs en Europe, n’existent que parce qu’une majorité de parlementaires européens les ont adoptées ! Ainsi, celle sur les "travailleurs détachés" aurait pu être sensiblement modifiée si les amendements de la Gauche unitaire européenne, conformes aux demandes des syndicats,  avaient été  soutenus. Il y a plus, les députés européens auront à se prononcer sur la future Commission ; ils pourront à tout moment la renverser. Ils auront également à approuver ou à rejeter le traité sur le "Grand marché transatlantique",  ce projet diabolique des ultra-libéraux…Aussi, l’abstention est-elle contre-productive: elle renforce les partisans de l’Europe libérale au lieu de conforter l’opposition de gauche à cette Europe-là !

Le Pen et ses amis européens gagneront les élections en Europe FAUX
A entendre les grands médias et leur cour obscène au Front national, il faudrait s’attendre à ce que le prochain Parlement soit une chambre brune envahie par les amis des Le Pen de toute l’Europe. La voix de la gauche critique serait noyée sous le flot populiste ! Alors à quoi bon aller voter ! La réalité est tout autre ! Selon les projections en sièges notre groupe de la Gauche unitaire européenne augmenterait le nombre de ses membres de quelque…50% -du jamais vu!- et frôlerait la troisième place, très loin devant toute la coalition des extrêmes droites, qui n’est même pas assurée de pouvoir constituer un groupe! Raison de plus de contribuer à ce rapport de force par votre bulletin de vote!

L'Europe ne tiendra pas compte du vote FAUX
Enfin, l’idée – compréhensible - circule que cette Europe ne tiendra aucun compte du choix des citoyens, comme ce fut le cas après la victoire du NON en France au traité constitutionnel en 2005. La grande nouveauté par rapport à cette période, c’est que la crise de légitimité de l’Europe actuelle n’est plus limitée à un ou deux pays: elle est générale . Un sondage Gallup organisé dans les 28 pays membres est éloquent. A la question :"Les politiques d’austérité sont-elles efficaces?" 5% répondent OUI et 51% NON ! Et  à celle demandant si "une autre politique est possible?", 60% répondent par l’affirmative, contre 25% qui ne le pensent pas!
La vérité, c’est qu’aujourd’hui les dirigeants européens comme les dirigeants nationaux qui co-réalisent cette politique désastreuse sont massivement désavoués. C’est donc le moment ou jamais pour affirmer l’exigence de ruptures nettes avec ce modèle qui a fait faillite et pour s’attaquer à la refondation de la construction européenne: coopérative, solidaire et démocratique. C’est le sens de la campagne de nos amis d'Europe autour d’Alexis Tsipras, le courageux leader de Syriza, en Grèce. Et c’est, en France, celui du vote pour les listes du Front de gauche.

Je vote quoi qu'il arrive !
Je ne peux pas aller voter le 25 mai. Je donne procuration à un proche ou à un militant communiste ou du Front de gauche inscrit dans la même commune.
Pour tout savoir sur les démarches ou être mis en relation avec des électeurs de ma commune pouvant porter ma voix : procuration.pcf.fr

6 mai 2014

Jacky HENIN tête de liste du Front de Gauche à Longueau lundi 12 mai


MEETING à 20h00

salle Daniel Fery

 LONGUEAU

La liste du Front de Gauche dans le Nord-Ouest, menée par Jacky Hénin, rassemble 20 candidates et candidats qui ont été parties prenantes des luttes sociales dans leurs villes et leurs régions. M Real, Petroplus, Goodyear, Sea France, Arcelor Mittal... Jacky Hénin a soutenu chacune de ces luttes et d’autres encore, en étant présent sur le terrain avec les salariés pour tenter de mettre en place des solutions concrètes.

 Pour Nathalie Nail, conseillère générale de Seine Maritime, conseillère municipale du Havre : « les combats menés aux côtés des salariés (portuaires, dockers, douaniers, industrie automobile...) m’ont tout naturellement conduite à m’engager avec Jacky Hénin. Aujourd’hui, comme demain, nous serons des relais utiles et efficaces, pour que les travailleurs français soient défendus ici et en Europe »

Pour Marie-Laure Darrigade, syndicaliste, conseillère municipale d’Agnetz : « Pour obéir aux exigences libérales de cette Europe, la France s’apprête à signer ce fameux « pacte » dont la sécurité sociale et la santé publique sont les prochaines victimes. Nous devons arrêter cette grande régression sociale et choisir une autre politique au service de l’humain et non de la finance. »

Pour Loïc Pen, médecin urgentiste, syndicaliste et animateur du comité de défense et de développement de l’hôpital public de Creil. « Je travaille à l’hôpital et je vois tous les jours notre service public hospitalier se dégrader et ne plus pouvoir remplir correctement ses missions faute de moyens. L’austérité? ce sont des hommes des femmes des enfants qui n’ont plus ou n’auront plus le droit à la santé en Europe et en France. C’est inacceptable dans un monde si riche. »

Pour Jacky Hénin, député européen : « Si vous ne vous occupez pas de l’Europe, elle s’occupera de vous. Le 25 mai, votez pour des élus qui ne se compromettent pas avec les forces de l’argent, votez pour des élus qui refusent le dogme de la concurrence sauvage, et qui défendent l’humain d’abord. »
La liste du Front de Gauche dans le Nord-Ouest :

1- Jacky Hénin Député Européen - Conseiller municipal de Calais - PCF
2- Nathalie Nail Vice-présidente du Conseil général de Seine Maritime - Conseillère municipale du Havre - PCF
3- Eric Bocquet Sénateur du Nord – Maire de Marquillies - PCF
4- Marie - Claude Herboux - Retraitée de l’Education nationale - Calvados - Ensemble
5- Jean-Luc Varin Journaliste conseil - Calvados - PCF
6- Marie Laure Darrigade Educatrice spécialisée - Conseillère municipale d’Agnetz - Oise - PG
7- Michel Carreau Maire-adjoint de Tergnier - Conseiller général de l’Aisne - PCF
8- Béatrice Dupont Infirmière anesthésiste - Calvados
9- Charles Beauchamp Conseiller général du canton d’Arleux - Vice-président du Conseil général du Nord - PCF
10- Laurence Chapelle Conseillère à l’emploi - Responsable syndicale - Eure - PCF
11- Yvon Scornet Technicien chimiste – Syndicaliste -Porte-parole des Petroplus - Seine Maritime
12- Cathy Apourceau – Poly Conseillère municipale d’Avion – Présidente du groupe Front de Gauche, communiste et unitaire du Conseil régional Nord/ Pas-de-Calais - PCF
13- Gilles Prunier Responsable syndical - Retraité d’EDF - Calvados
14- Hélène Balitout Maire-adjointe de Ribécourt-Dreslincourt -Conseillère générale de l’Oise - PCF
15- Loïc Pen Médecin urgentiste - Responsable syndical, animateur du comité de défense et de développement de l’hôpital public de Creil - PCF
16- Christine Le Coent Professeur de philosophie - Nord - PG
17- Denis Tardiveau Ouvrier cariste - Manche - PCF
18- Yvonne Pecoraro Sans profession - Manche - PG
19- Gaëtan Levitre Maire d’Alizay - Conseiller général du canton de Pont-de-l’Arche - Eure - PCF
20- Nathalie Ledentu Animatrice associative - Maire-adjointe d’Argentan - Orne - PCF

20 avril 2014

Les jeunes communistes vous invitent autour d'un repas à Camon

Cela fait maintenant presque deux ans que nous avons repris le flambeau de la JC à Amiens, qui, bien qu’ayant le mérite d’exister, comptait assez peu de militants. Aujourd’hui, si la fédération de la Somme du MJCF n’est implantée qu’à Amiens, elle est forte d’une trentaine de militants et d’investissements dans divers collectifs avec lesquels nous partageons des luttes communes : le Comité Amiénois de Vigilance Antifasciste, le Collectif de Défense des Droits des Femmes, Réseau Education Sans Frontières. Nous organisons des ciné-débats, diffusons nos idées par les affiches, par les tracts…

Notre importance grandissante nous donne l’espoir dans la lutte : l’expansion départementale comme, entre autre, la création d’une Union des Etudiants Communistes à Amiens sont des projets auxquels nous travaillons.

Si vous le souhaitez, et pour que les forces progressistes auxquelles nous nous joignons continuent à se battre, vous pouvez nous aider en remplissant le bulletin de souscription joint à ce communiqué. En effet, les moyens financiers à notre disposition ne correspondent plus aux possibilités ouvertes pas notre nouvelle force militante, et nous faisons ainsi appel à la solidarité qui forge le caractère de nos engagements pour avancer sur le chemin du progressisme. Aussi, si vous connaissez de jeunes personnes sensibles aux combats qui sont les nôtres, susceptibles d’être intéressé(e)s par notre mouvement, nous les accueillerions avec un grand plaisir !

Enfin, nous organisons un repas sur le thème de l’Amérique latine, le vendredi 2 mai prochain à 20h, salle Louis Aragon à Camon : vous y êtes invités et ce serait avec joie que nous vous rencontrerions pour ce moment convivial !


Prix du repas : 15€ / 10€ pour les lycéens, étudiants, précaires.




2 avril 2014

Maintenant ça suffit ! Marchons contre l’austérité pour l'égalité et le partage des richesses à Paris le 12 avril

En France, comme dans toute l’Europe, la rigueur budgétaire et l’austérité imposées par la Commission européenne, François Hollande et le gouvernement pour satisfaire les marchés financiers nourrissent ce climat malsain. Les conséquences sont là : services publics démantelés, acquis sociaux mis à mal… Le chômage monte, la précarité s’étend, les jeunes galèrent, les salaires et les retraites sont en berne. Les inégalités se creusent tandis que les grandes entreprises versent aux actionnaires des dividendes insolents. Partout ces politiques provoquent indignations, colères et désespoirs. Elles nous révoltent.
Elles s’accompagnent du recul général des droits : à l’éducation, à l’emploi, à un revenu correct, à la santé, à un logement stable et décent.. Les inégalités d’emploi et de rémunération attaquent plus durement les droits des femmes et des migrant-e-s. La répression s’abat sur les sans papiers, les roms, les plus précaires, et celles et ceux qui les défendent. Alors que des choix politiques résolument à gauche devraient s’imposer face à la crise, les renoncements du gouvernement devant les exigences du Medef et de la droite en matière sociale, environnementale, familiale, et sur le droit de vote des étrangers… scandalisent.
Avec l’assentiment enthousiaste du Medef, le président de la République veut désormais faire du « pacte de responsabilité » le cœur de sa politique. Au patronat, il octroie 35 milliards d’allègement de cotisations. Qui peut croire que ce nouveau cadeau permettra de lutter contre le chômage ? Devant un Medef qui refuse de s’engager sur des créations d’emplois, le gouvernement s’engage, lui, à réduire les dépenses publiques de 50 milliards d’euros. Dans la ligne de mire, la sécurité sociale et les services publics. Mais ce sont aussi les collectivités territoriales asphyxiées, les associations étouffées, la culture sacrifiée. Ce n’est décidément pas cela que nous voulions, nous qui, par millions, avons contribué à chasser Sarkozy.
Personnalités morales, acteurs et actrices du monde de la culture et des arts, du monde du sport, responsables syndicaux, associatifs, politiques, nous sommes divers par nos engagements. Mais ensemble, nous voulons construire une dynamique pour une alternative sociale, démocratique, écologique et féministe, fondée sur la solidarité. Nous appelons le samedi 12 avril à Paris à une marche nationale d’espoir à gauche, contre l’extrême droite, pour l’abandon du « pacte de responsabilité », pour une juste distribution des richesses. Cette marche ne restera pas sans lendemain.

22 mars 2014

Quand les radios ouvrent leurs ondes au fascisme...

Le FN, ce parti unique des matinales radiophoniques

Le Front national, parti d'extrême droite qui aime tant se déguiser en parti « anti-système », a démontré ce matin qu'il était bien implanté dans le système médiatique. On avait beau changer de fréquence sur sa radio, tour à tour, il y avait Ravier (FN) sur France Info, Philippot (FN) sur France Inter et Le Pen (FN) à RMC et BFM-TV. Le FN est en passe de devenir le parti unique des matinales radiophoniques !
Et que l'on ne nous parle pas de coïncidence. Le CSA a pointé « certains déséquilibres non encore compensés » dans ses relevés, en précisant même que 43 % du temps d’antenne de BFM TV consacrés à l'enjeu national des élections municipales étaient squattés par le parti d'extrême droite entre le 10 février et le 7 mars 2014. Un chiffre effarant, à mettre en regard avec le sort médiatique fait au PCF, pourtant 3eme parti en terme d'élus municipaux, présentant des candidats sur 7500 listes contre moins de 600 pour le FN.
Au soir du premier tour dimanche, si le FN fait un score important, le PCF invite certains médias à balayer devant leur porte. A force de jouer avec le feu, il finit par prendre. Les électeurs ont un bon moyen de déjouer ce mauvais scénario. Ils disposent pour cela d'un atout maitre : leur bulletin de vote. En votant pour les listes du Front de gauche et de large rassemblement soutenues par le PCF, ils feront tort aux Cassandre de tous bords qui annoncent un succès du FN tout en l'organisant. Ils feront œuvre de démocratie.

L'Humanité

8 mars 2014

Une seule liste pour les municipales à CAMON

Depuis jeudi soir, c'est officiel, seule la liste Vivre Camon conduite par Jean-Claude RENAUX se présentera aux suffrages des Camonois le 23 mars.
Situation surprenante pour une ville de 4600 habitants mais que l'on peut comprendre lorsqu'on analyse de près ces 13 dernières années.
Camon s'est transformé sous l'impulsion de Jean-Claude RENAUX et de son équipe, l'emploi s'est développé, la vie culturelle et associative s'est épanouie et un climat d'apaisement s'est instauré. Lors des échéances de 2008  la liste Vivre Camon avait déjà obtenu 72% des suffrages, dépassant largement  l'électorat traditionnel de la Gauche.
L'opposition de Droite, échaudée par ce résultat, fut très discrète durant le deuxième mandat délaissant même son droit à l'expression dans le bulletin municipal. Depuis quelques semaines se posait souvent cette question :"Et alors, est-ce qu'il y a une autre liste ?" Force est de constater qu'elle n'a pas vu le jour. On peut le regretter dans le sens ou la présence d'une opposition est toujours un stimulant au débat démocratique, mais cela reflète l'opinion relevée par les candidats de la liste Vivre Camon au porte à porte; "On a un bon Maire, la commune est bien gérée, Camon est une ville où il fait bon vivre..."


2 mars 2014

Il faut imposer une véritable taxe Tobin au lobby bancaire

Les banques sont les principaux acteurs sur le marché des devises et elles entretiennent une instabilité permanente des taux de change. Plus de 95 % des échanges de devises sont de type spéculatif. Une infime partie des transactions quotidiennes en devises concerne des investissements, du commerce de biens et de services liés à l’économie réelle, des envois de migrants. Le volume quotidien des transactions sur le marché des devises tournait en 2013 autour de 5 300 milliards de dollars ! Les banques qui disposent, comme les fonds de placement mutuel, de très importantes liquidités en usent et en abusent en poussant des monnaies à la baisse ou à la hausse afin d’obtenir des gains sur les différentiels de taux de change. Les banques jouent également de manière déterminante sur des dérivés de change qui peuvent provoquer des pertes considérables, sans compter les méfaits de l’instabilité des monnaies pour l’ensemble de la société. À partir de mai 2013, les monnaies de grands pays dits émergents (Inde, Brésil, Afrique du Sud, Russie, Turquie, Argentine…) ont été soumises à des attaques spéculatives et ont perdu dans certains cas jusqu’à 20 % de leur valeur. Le taux de change entre le dollar et l’euro est aussi l’objet de la spéculation.

Le marché des changes constitue le compartiment du marché financier global qui, aux côtés du marché des dérivés, a enregistré la plus forte croissance. Entre 1970 et 2013, le volume des transactions sur les monnaies a été multiplié par plus de 500 (passant d’un peu plus de 10 milliards à 5 300 milliards de dollars par jour). Alors qu’en théorie, la fonction principale des marchés des changes est de faciliter les échanges commerciaux internationaux, en 2013, le montant des transactions liées aux échanges de marchandises ne représentait même pas 2 % du montant des transactions quotidiennes sur le marché des changes.

En 1979, il fallait l’équivalent de 200 journées d’activité sur les marchés de change pour atteindre le volume annuel des exportations mondiales. En 2013, 3,5 journées d’activité sur les marchés de change suffisaient à atteindre le volume annuel des exportations mondiales de marchandises. Cela indique à quel point les activités des marchés monétaires sont déconnectées de l’économie productive et du commerce des marchandises.

En 2013, quatre banques à elles seules contrôlaient 50 % du marché des changes (Deutsche Bank, 15,2 % ; Citigroup, 14,9 % ; Barclays, 10,2 % ; UBS, 10,1 %). Si on ajoute la part de six autres banques (HSBC, JPMorgan, Royal Bank of Scotland, Credit Suisse, Morgan Stanley, Bank of America), on atteint 80 % du marché. La moitié des échanges a lieu sur le seul marché de Londres.

Alors que le scandale de la manipulation du Libor (il s’agit des taux d’intérêt auxquels les banques se prêtent de l’argent) était à peine considéré comme résolu par les autorités de contrôle, un nouveau scandale a éclaté en 2013 à propos de la manipulation du marché des changes. Les autorités de contrôle des marchés financiers des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’UE, de Hong Kong et de Suisse suspectent au moins quinze grandes banques d’avoir ensemble manipulé les taux de change, y compris le marché de change euro-dollar qui, à lui seul, représente un volume quotidien de 1 300 milliards de dollars. Des responsables des autorités britanniques de contrôle ont déclaré que l’ampleur des dommages causés par les manipulations est au moins égale à ceux qu’a impliqués la manipulation du Libor et qui a abouti au paiement d’amendes pour un montant de 6 milliards de dollars. Le comble, c’est que, selon le Financial Times, des dirigeants de la Banque d’Angleterre seraient impliqués dans la manipulation comme lors de l’affaire du Libor. En avril 2012, des traders spécialisés dans le marché des changes auraient informé de leurs pratiques certains hauts responsables de l’honorable Banque d’Angleterre qui auraient laissé faire. Une enquête est en cours. Le laisser-faire, la complicité, voire la collusion entre dirigeants des banques et autorités de contrôle ont commencé à sortir au grand jour, même si les informations arrivent au compte-gouttes et font très rarement la une des grands médias.

Voici plus de quarante ans, James Tobin, ancien conseiller économique de John F. Kennedy, proposait de mettre un grain de sable dans les rouages de la spéculation internationale sur les devises. Malgré tous les beaux discours de certains chefs d’État, le fléau de la spéculation sur les monnaies s’est encore aggravé. Le lobby des banquiers a obtenu qu’aucune entrave ne vienne perturber leur activité destinée à créer du profit. Pourtant, depuis l’époque où James Tobin a fait sa proposition, nous avons vu que le volume des transactions quotidiennes sur le marché des devises a été multiplié par plus de 500…

La décision de principe prise en janvier 2013 par onze gouvernements de la zone euro d’imposer une taxe d’un millième sur les transactions financières est totalement insuffisante, car elle ne porte pas sur les devises et il n’est même pas sûr qu’elle entrera rapidement en vigueur. Les banques exercent une forte pression pour l’éviter et pour en limiter encore plus fortement la portée. Le gouvernement français, très intimement lié aux banques, intervient activement en faveur des demandes du lobby bancaire. Il n’y a pas de solution juste si on reste dans un contexte aussi biaisé.

Voilà pourquoi il est plus que temps d’enrayer l’engrenage de la spéculation en appliquant une véritable taxe de type Tobin, premier pas vers l’interdiction complète de la spéculation sur les monnaies.
 

Eric Toussaint, maître de conférences à l’université de Liège, 
président du CADTM Belgique, 
membre du Conseil scientifique d’Attac, 
auteur de Bancocratie. Éditions Aden, à paraître en avril 2014

2 février 2014

Repas à Longueau

Le PCF, avec le Front de Gauche, invite toutes celles et tous ceux qui veulent la réalisation du vrai changement pour lequel ils ont voté à participer, à la soirée de lutte et de convivialité et au repas fraternel qu’ils organisent le samedi 8 Février à partir de 19h30 salle Daniel Fery à Longueau.

22 janvier 2014

Pacte de responsabilité : le Front de gauche ne votera pas la confiance

Alors que le gouvernement posera la question de confiance à l’Assemblée pour entériner son pacte de responsabilité, les députés PCF-Front de gauche affirment leur désaccord.

Pour le député PCF-Front de gauche et président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l’Assemblée, André Chassaigne, il est hors de question «de soutenir le consensus à l’œuvre entre l’exécutif socialiste, le Medef et la droite» dont témoignent les orientations politiques développées par le président de la République lors de sa conférence de presse, la semaine dernière. Et si la question de confiance est posée devant l’Assemblée par le gouvernement pour valider, entre autres, son «pacte de responsabilité», le responsable du groupe GDR «proposera aux députés du Front de gauche de ne pas voter la confiance», avant de préciser: «Le groupe étant souverain dans le choix qu’il fera.» Jean-Luc 
Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, avait laissé entendre un peu vite, dimanche, sur France 3 Île-de-France, que la décision d’un vote contre était déjà prise.

Cadeau de 30 milliards d’euros


Au lendemain même de la conférence de presse présidentielle, les députés Front de gauche avaient, dans un communiqué puis dans une question au gouvernement, dénoncé «un programme d’accélération des réformes libérales». Pour le groupe GDR, «il est illusoire de croire» que le nouveau cadeau de 30 milliards d’euros au patronat et aux actionnaires permettra «de créer des emplois tant nos entreprises sont, durablement, sous le joug de la finance» que, pourtant, François Hollande avait «justement désignée comme l’ennemi lors de la campagne présidentielle».

Le groupe met aussi l’accent sur la baisse annoncée, d’ici à 2017, de 50 milliards d’euros de la dépense publique, surtout « quand on sait qu’un quart du pouvoir d’achat des ménages résulte de la prise en charge publique des frais de santé, d’éducation, de logement, de transport ». Et de conclure: «Le gouvernement s’inscrit dans les pas de ses prédécesseurs, reproduisant les mêmes erreurs qui perpétuent la situation de crise.»

Cette question du positionnement sur le vote de confiance et son contenu, l’accélération d’une politique libérale, est aussi posée 
aux députés écologistes et à ceux de l’aile gauche du PS. Sortiront-ils de leurs seules critiques verbales ?

Jusqu’où les écologistes feront-ils le dos rond ?  Sur le pacte de responsabilité, les écologistes, qui sont souvent très critiques de la politique suivie par le gouvernement, attendent de voir. Ainsi, le président du groupe d’Europe Écologie-les Verts au Sénat, Jean-Vincent Placé, déclare que « le pacte de responsabilité n’est pas (leur) orientation naturelle mais ce n’est pas non plus infamant ni choquant », avant d’ajouter : « On a des remarques, des critiques, il faut avancer dans le souci du rassemblement. » En clair, une attitude d’accompagnement d’une politique 
qui, sur le fond, marque une dérive libérale

15 janvier 2014

Défendre le droit à l'avortement - Solidarité avec les Espagnoles

Le PCF  dénonce le terrible retour en arrière que constitue à ses yeux le projet de loi supprimant quasiment  le droit à l’avortement en Espagne.

Afin de montrer notre soutien envers les femmes espagnoles , la fédération du Parti Communiste de la Somme appelle tous ses militant(e)s à se rassembler.

le Samedi 18 janvier à 15h place de la Mairie à Amiens

En France, l'IVG est un droit depuis la loi Veil promulguée en janvier 1975. Mais les associations de défense de l'avortement s'inquiètent régulièrement : ce droit est mis en péril par les difficultés à obtenir une prise en charge médicale., plus d'une dizaine de centres qui pratiquaient des IVG ont fermé leurs portes depuis 2000.

Restons TOUTES et TOUS  mobilisés pour défendre les Droits des Femmes


4 janvier 2014

Ceux qui "vont à Cailleux"

Dans les petits villages de l’Oise, les enfants pauvres manquent l’école pour aller ramasser des cailloux dans les champs. Ils rapportent 15 000 francs par an au tâcheron qui les emploie.

Il est dans l’Oise des villages d’importance moyenne – cinq cents à mille habitants – où l’on rencontre chaque matin de singuliers cortèges. Des fi llettes, des garçonnets et des femmes aussi, la hotte sur le dos, prennent la grande route pour atteindre à cinq ou à six kilomètres de là, plus loin quelques fois, le lieu de leur travail. Nous ne sommes pourtant pas au temps des vendanges dans l’Oise…

Ce sont des femmes et des enfants qui vont « à cailleux » comme on dit en patois picard, c’est-à-dire ramasser des cailloux dans les champs pour le compte des tâcherons. Et au printemps aux vacances, il manque régulièrement quinze élèves sur vingt-cinq dans les classes élémentaires de filles et de garçons…Quand il pleut, le chiffre des manquants s’abaisse de quelques unités. Mais les autres n’interrompent point leur besogne et vont « à cailleux » sous l’averse. Car leur misérable salaire est attendu, escompté, tient sa place dans le défaillant budget ouvrier.

Des bambins, des vieilles Ce matin, ils ont mangé une soupe. Et les voilà partis. Au bourg à Saint-Just-en-Chaussée, par exemple, ailleurs aussi-, ils s’arrêtent et boivent la goutte. Les plus petits font comme les autres excités, piqués par les railleries des « grands ».

Les voici dans les champs pierreux. Tout le jour, pliés en deux à la façon des glaneurs, ils remplissent leur manne. (…) Que font les tâcherons de tant de cailloux, ramassés par tant de mains débiles* ? Ils les vendent à l’administration des Ponts et Chaussées pour l’empierrage des routes (…). C’est tout l’illogisme et toute l’iniquité de notre organisation sociale qu’évoque la petite troupe de gamins et de fillettes qui, la manne au dos, vont « à cailleux » chaque matin, à travers la campagne picarde.
L. M. BONNEFF
l'Humanité 30 juin 1914 

*employé dans le sens : qui manque de force et de vigueur

7 décembre 2013

Le courage des militants de la première heure devant la facilité des hommages tardifs

Antoine Bouillon : «Il a fallu le combat des associations de lutte contre l’apartheid pour amener les Etats à dénoncer le régime»

par Christophe Champin / Francis Kpatindé
Antoine Bouillon a longtemps présidé le Mouvement anti-apartheid en France. Avec beaucoup d’autres militants à travers le monde, notamment en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, il a participé à la vaste campagne visant à pousser les gouvernements occidentaux à rompre avec le régime d’apartheid, ce que la plupart d’entre eux n’ont fait que tardivement dans les années 1980. Socio-anthropologue, spécialiste de l’Afrique du Sud, il revient sur les ambiguïtés de la « communauté internationale », alors que Nelson Mandela était encore emprisonné.

RFI : Dans la belle communion actuelle autour de l’état de santé de Nelson Mandela, on a le sentiment que tout le monde a été naguère militant anti-apartheid…
Antoine Bouillon : (Rires). C’était, bien évidemment, loin d’être le cas. Lorsque, au début du Mouvement anti-apartheid, dans les années 1970, nous avions démarré une vaste campagne contre les oranges sud-africaines Outspan produites, dans des conditions proches de l’esclavage, par des travailleurs agricoles noirs, nous partions à peu près de zéro, en termes d’audience et d’opinion publique. Du côté des organisations syndicales et politiques, la situation était assez simple. Du fait des liens politiques existant entre le Parti communiste sud-africain d’une part, l’Internationale communiste et les pays du bloc de l’Est, de l’autre, le Parti communiste français (PCF) et la Confédération générale des travailleurs (CGT) étaient pratiquement les seuls en France à avoir une conscience claire de ce qui se passait en Afrique du Sud. Ils étaient les seuls à réagir de temps en temps, à inclure ce qui se passait en Afrique du Sud dans le cadre plus général de la lutte contre le racisme au niveau mondial. La gauche socialiste et l’extrême gauche étaient dans une quasi-ignorance de la situation et, a fortiori, ne faisaient rien pour dénoncer l’apartheid et obtenir des changements. C’était aussi simple que cela.
Autrement dit, les militants anti-apartheid étaient rares ?
Les dirigeants de droite qui se sont succédé à la tête de l’Etat n’ont pas en tout cas levé le petit doigt contre l’apartheid. Il faut se rappeler que l’Afrique du Sud était alors considérée comme un bastion du « Monde libre » qu’il fallait préserver à tout prix du communisme. Nous étions en pleine guerre froide et il en a été ainsi jusqu’à la chute du Mur de Berlin. La France, comme d’autres pays occidentaux, avait des intérêts économiques, dans les mines et l’industrie, en Afrique du Sud, et développait les investissements et les échanges dans tous les secteurs. Ses dirigeants successifs se contentaient de critiquer du bout des lèvres certains aspects trop visibles de l’apartheid, comme la discrimination sur les bancs publics, tout en donnant satisfecit sur le fond à un système correspondant, à les en croire, aux réalités de la population. On disait, avec du mépris dans la voix, que c’était une population composée de « tribus indigènes », avec, à sa tête, la minorité blanche, parce que c’était la seule capable de diriger le pays. Ce fut le discours de la droite française pendant des décennies.
Le changement est venu très lentement, et ça a commencé dans les années 1980 quand le régime d’apartheid lui-même a déclaré qu’il voulait se réformer, histoire de faire croire à une ouverture. A ce moment-là, on a commencé à entendre, curieusement à l’unisson et dans les mêmes termes que le régime sud-africain, quelques critiques timides de l’apartheid dans la bouche de certains responsables de la droite.
Mandela a longtemps été présenté comme un dangereux terroriste…
C’est vrai. Et il l’a été jusqu’à sa libération dans les cercles d’extrême droite. La droite classique, elle, tenait un discours de circonstance. Tantôt, Mandela était un terroriste, avec force références au fait qu’il dirigeait Umkhonto we Sizwe (fer de lance de la nation), la branche armée de l’ANC. Tantôt, c’était « l’allié », « le complice » ou « la marionnette » des communistes, donc extrêmement dangereux. Jacques Chirac traitait Mandela de « leader tribal xhosa », conformément à la vulgate tribaliste de l’apartheid et s’inquiétait des liens de l’ANC avec les communistes
Pourtant dans un ouvrage d’entretien avec Pierre Péan, Jacques Chirac affirme avoir soutenu et financé l’ANC…
C’est abracadabrantesque, pour reprendre un adjectif qu’il a rendu célèbre ! Dans cette affaire, il fait du roi Hassan II le trésorier de l’ANC, alors que chacun sait que le Maroc de l’époque était l’un des acteurs, avec quelques autres entités du continent africain, de la politique dite de « dialogue » avec l’Afrique du Sud raciste. Chirac affirme même avoir été proche de l’ANC depuis l’enfance. C’est à en mourir de rire… C’est oublier que le même Chirac affirmait, à l’époque de la libération de Mandela, que la France soutenait ce dernier et… Buthelezi, le chef de l’Inkhata Freedom Party (qu’il a reçu officiellement à plusieurs reprises). A l’époque, le régime sud-africain cherchait une astuce qui lui aurait permis de contrôler l’ANC et caressait l’espoir de mettre en place un triumvirat, avec De Klerk et Buthelezi prenant en sandwich Mandela. On voit que Monsieur Chirac était grandement influençable !
L’ANC a ouvert son premier bureau en France avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, en 1981. Quelle a été l’attitude générale de François Mitterrand à l’égard de l’ANC et de Mandela ?
Les choses ont changé du jour au lendemain, même s’il a fallu attendre le gouvernement de Laurent Fabius pour que des sanctions soient prises contre le régime sud-africain. En arrivant au pouvoir, Mitterrand a levé toute ambiguïté sur le problème sud-africain. Il était plus clair sur la condamnation de l’apartheid et la nécessité d’évoluer rapidement vers un système démocratique. Par quelles voies ? Il n’en savait sans doute rien, mais, dès son accession au pouvoir, la politique officielle fut celle d’un soutien à l’ANC, pas seulement mais particulièrement. Cela s’est d’ailleurs traduit symboliquement par l’autorisation accordée à l’ANC d’ouvrir un bureau à Paris, de même qu’à la SWAPO (South West African People’s Organisation, « Organisation du peuple du Sud-Ouest africain »), le mouvement qui combattait pour l’indépendance de la Namibie.
Jusqu’à la fin des années 1980, beaucoup de pays occidentaux entretenaient encore des liens étroits avec le régime de l’apartheid. Qui étaient donc ces alliés indéfectibles de Pretoria ?
L’ensemble du monde occidental approuvait la politique d’apartheid, même s’il pouvait y avoir ici ou là des fluctuations ou des nuances. A titre d’exemple, la politique américaine vis-à-vis du régime sud-africain sous Ronald Reagan ne fut pas la même que sous Jimmy Carter. Il a fallu le combat des associations de lutte contre l’apartheid pour amener les Etats à la dénonciation de l’apartheid. Ce n’était pas facile. On partait d’une situation de solidarité à tous points de vue entre ces pays et l’Afrique du Sud, qui occupait une position stratégique enviable. Cette solidarité existait en matière de renseignement international, d’armement, d’énergie, du nucléaire, des minerais stratégiques… Les liens entre les pays, leurs économies, leur diplomatie respective et leurs intérêts étaient fortement imbriqués. Il a fallu ainsi des années de pression pour que le Conseil de sécurité des Nations unies rende enfin l’embargo sur les armes du 7 août 1963 exécutoire et obligatoire – ce qui fut fait le 4 novembre 1977. Il fallut de nombreuses autres années pour que des pays comme la France, qui coopérait très activement avec le régime d’apartheid depuis les années soixante, dans les domaines militaire, énergétique et nucléaire, acceptent de s’y soumettre. Ce fut aussi le cas de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis et de bien d’autres.
Ce sont finalement des événements internes à l’Afrique du Sud qui ont progressivement poussé aux changements les plus notables…
Il y a eu les émeutes de Soweto, en 1976, puis, dans les années 1980, la formation du Front démocratique uni (United Democratic Front, UDF) pour que les choses commencent à bouger. L’ANC n’y était pas présente en tant que ANC, mais sous son ombrelle et sa tutelle, s’est mise en place une alliance extrêmement forte composée de centaines d’organisations et d’associations à travers tout le pays, dans tous les secteurs. Ces associations se sont unifiées pour mener de grandes campagnes de désobéissance aux règles de l’apartheid (plages ségréguées, etc.), exiger la libération de Nelson Mandela et de tous les autres prisonniers politiques, et l’instauration de la démocratie. Dans cet objectif, elles demandaient l’imposition de sanctions internationales contre le régime sud-africain. Il y eut ainsi une conjugaison des pressions de la part des syndicats, des églises, des sportifs, des politiciens, des gens de la culture et des médias, etc., pour inciter les pays occidentaux à prendre des sanctions. Même si elles sont restées trop limitées et trop symboliques, ces sanctions ont marqué les esprits, elles ont eu un impact considérable sur l’opinion internationale, avec les différentes campagnes d’opinion en faveur de la libération de Mandela, le méga-concert du 11 juin 1988 au stade de Wembley, à Londres, à l’occasion de son 70e anniversaire... La dynamique intérieure et les pressions internationales ont beaucoup pesé dans l’accélération de la fin du régime. Si on avait attendu les Etats, on en serait peut-être au point de départ !

article complet sur Radio France International

20 novembre 2013

Marchons pour la Révolution fiscale la taxation du capital, l’annulation de l’augmentation de la TVA


Le 1er décembre à Paris
13H30 PLACE D’ITALIE

Le budget 2014 c’est plus d’impôts injustes, moins de services publics et de protection sociale : ce n’est pas supportable !
Marchons pour une révolution fiscale contre les privilèges !
Marchons pour exiger des parlementaires qu’ils ne votent pas ce budget d’austérité. Imposer un équilibre budgétaire comme le veulent les institutions et gouver- nements européens est stupide et injuste. Cela mène à la stagnation économique. Il faut changer de cap. Vite un impôt progressiste et républicain !

Nous proposons de :
 
• Instaurer un impôt sur le revenu progressif qui permette de réduire les inégalités : augmenter le nombre de tranches d’imposition, augmenter les taux portant sur les revenus élevés, rétablir une vraie fiscalité du patrimoine. Les plus riches doivent contribuer à la mesure de leurs moyens.


• Instaurer un revenu maximum (360 000 € par an). • Taxer le capital au même niveau que le travail. Les salariés ne doivent pas porter l’essentiel de l’effort fiscal ! Il faut s’attaquer au coût du capital : la part dans la richesse produite des dividendes versés aux actionnaires n’a cessé d’augmenter ces dernières années.

• Mettre fin à la fraude fiscale des riches et des grandes entreprises (+ de 60 milliards d’euros par an), et aux niches fiscales injustifiées.

• Mettre fin à l’inégalité qui conduit les PME à être plus taxées que les grandes entreprises.

• Mettre fin aux emprunts toxiques et à la privatisation des services publics qui étouffent la vie et les budgets locaux.

L’austérité que l’on nous promet n’est pas pour tout le monde. Elle va accélérer les licenciements et le chômage, et aggraver les inégalités :

➜ 400 € de perte de pouvoir d’achat pour un couple et 2 enfants !

➜ 70 millions d’euros pour PSA et 8 000 suppressions d’emplois 

➜ 40 à 60 millions d’euros pour Sanofi et 900 suppressions d’emplois

➜ 20 milliards d’euros de cadeaux supplémentaires aux entreprises sans conditionnalité, et en contrepartie la hausse de la TVA au 1er janvier pour financer ce cadeau aux licencieurs !
C’est inacceptable !

Si vous souhaitez participer, nous vous proposons d'organiser un départ collectif en car au départ d'Amiens, le dimanche 1er décembre à 10 h  de la place du Cirque. Arrêt possible à Longueau (place de la mairie - 10h30) et au péage de Roye (11h15). 
Pour vous inscrire, envoyez un mail à frontdegaucheamiens@gmail.com, avec vos noms, prénoms, lieu de départ. 
Participation aux frais : 20 euros pour l'aller-retour.

6 novembre 2013

La réforme des retraites rejetée par l'ensemble du Sénat

Fait tout à fait exceptionnel, les 346 sénateurs, y compris socialistes, ont tous voté ce mardi soir contre la version du projet gouvernemental de réforme des retraites entièrement réécrit pendant plus d'une semaine de débat.

Le texte doit à présent repasser devant l'Assemblée nationale, le 19 ou le 20 novembre, après un échec probable en commission mixte paritaire (sept sénateurs et sept députés).

"Texte devenu inacceptable" pour le PS

Par la voix de leur président de groupe, François Rebsamen, les sénateurs socialistes ont justifié leur vote contre par le fait que "le texte tel qu'il a été modifié par la droite du Sénat était devenu inacceptable". La faute à la droite, selon son collègue Claude Jeannerot (PS). Pour ce dernier, le projet de loi constitue "un progrès, en sécurisant le système de répartition actuel et en portant des droits nouveaux en ce qui concerne la pénibilité". "Il a été regrettable que nous n'ayons pas pu prendre en compte ces éléments de progrès", a-t-il ajouté. "Ces progrès ne figurent pas dans le texte que nous avons réécrit, c'est tout simplement la raison pour laquelle nous ne le voterons pas".

Les sénateurs avaient notamment adopté un amendement centriste créant un système de retraite par points, allant à l'encontre du système par répartition défendu par le gouvernement et la gauche. Ils avaient aussi vidé le texte de sa substance, en rejetant ses deux dispositions phares, l'allongement progressif de la durée de cotisation et la création d'un compte pénibilité.

Au cours du débat, Laurence Rossignol, une des porte-parole du PS, avait estimé qu'en détricotant les projets de loi, notamment celui sur les retraites, le Sénat creusait sa propre "tombe".

"L'échec du gouvernement"


En revanche, pour Dominique Watrin (CRC, communiste, républicain et citoyen), "si c'est d'un échec qu'il faut parler, c'est d'abord celui du gouvernement qui s'est obstiné sans écouter les propositions qui lui étaient faites". "Il était possible de faire autrement en musclant notre système de répartition, par exemple en taxant les transactions financières". D'emblée, le groupe CRC avait annoncé qu'il s'opposerait à la réforme, lui reprochant d'être financée par les salariés avec l'allongement de la durée de cotisations.

L'échec, a accusé Dominique Watrin, est aussi celui de la droite, qui a voulu faire reculer l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 65 ans et "veut punir les salariés de la fonction publique et des régimes spéciaux au nom de la convergence".

"Aucune cohérence"

"Ce qui résulte de notre débat, c'est un projet déchiqueté sans aucune cohérence, malgré la qualité de nos débats", a constaté de son côté Jean Desessard (Ecologiste). Son groupe s'était prononcé contre les deux principales mesures de financement voulues par le gouvernement: l'allongement de la durée de cotisation, et le report de six mois de la revalorisation annuelle des retraites.

La droite s'est elle gaussé d'avoir pu voter un amendement centriste instaurant un système par point. "Mais notre amendement voté, le projet de loi n'avait plus de sens parce que nous étions dans deux logiques différentes", s'est désolé le centriste Gérard Roche.


L'Humanité

24 septembre 2013

HOMMAGE À JEAN CATELAS

Dimanche 22 septembre les militants et les élus communistes rendaient hommage à Jean Catelas au cimetière Saint Acheul d'Amiens.Gilles Demailly, maire d'Amiens et Jean Louis Piot, conseiller général étaient également présents.


8 septembre 2013

MANIFESTATION MARDI 10 SEPTEMBRE


Nos vies valent plus que leurs profits !

Retraite à 60 ans à taux plein !

MANIFESTATIONS UNITAIRES PUBLIC/PRIVÉ
à l’appel de CGT - FO - FSU - Solidaires
- AMIENS : 14h30, Maison de la Culture
- ABBEVILLE : 17h, place de l’Hôtel de Ville

18 août 2013

Les 10 Français les plus riches ont gagné 30 milliards d’euros cette année

Au moment où le gouvernement réfléchit à comment annoncer les « efforts » supplémentaires auxquels il faudrait s’astreindre pour grappiller quelques euros sur les prochaines années et sauver le système des retraites, Challenges publie son classement des Français les plus riches. Et pour eux, ça va scandaleusement bien.
Avec 330 milliards d’euros, la fortune des 500 Français les plus riches a augmenté de 25 % en un an, alors que le reste du pays entrait en récession. Le nombre de milliardaire français a d’ailleurs augmenté, de 45 l’an passés à 55 cette année. C’est Liliane Bettencourt, l'héritière de l'Oréal, qui a connue la plus belle croissance de patrimoine, talonnant Bernard Arnault PDG de LVMH, pour la plus grosse fortune française. Cette nonagénaire a gagné près de 8 milliards d’euros en une année, avec une fortune maintenant évaluée à 23,2 milliards.
En 10 ans, la fortune de ces 500 nantis a été multipliée par 4. Mention spéciale à Xavier Niel le patron d’Illiad (Free) qui a vu la valeur de son patrimoine multipliée par 70 en une petite décennie pour rentrer dans le top 10. Justement les dix premiers du classement ont vu leur fortune croître de 30 milliards en douze mois, pour atteindre à 135 milliards, soit 40% du total. 
  • Quelques chiffres pour comparer :
Le déficit des retraites devrait atteindre 20 milliards d’euros en 2020

Les investissements d’avenir sensés ramener la croissance : 12 milliard

Déficit prévisionnel du budget de l’Etat pour l’année  2013 : 61 milliards

Le fameux « trou » de la sécurité sociale : 13,3 milliards d’euros
  • Le "top 10"
En tête de liste, Bernard Arnault PDG de LVMH, affiche une fortune de 24,3 milliards d'euros, en hausse de 3,1 milliards. Il est suivi de l'héritière de l'Oréal, Liliane Bettencourt, avec une fortune de 23,2 milliards, qui a fait un bond de 7,9 milliards. Gérard Mulliez, du groupe de distribution Auchan, arrive non loin derrière avec 19 milliards (+ 1 milliard), suivi de Bertrand Puech (Hermès) dont la richesse s'est maintenue à 17,4 milliards. Les suivants sont Serge Dassault, du groupe industriel Marcel Dassault (12,8 milliards d'euros), François Pinault (Kering, 11 milliards), Vincent Bolloré (Bolloré, 8 milliards), le "roi de la bière et du vin" Pierre Castel (7 milliards), qui fait cette année son entrée dans le Top-10, Alain Wertheimer de Chanel (7 milliards), lui aussi nouveau membre du club des 10. Enfin le dernier du Top-10 est le fondateur de l'opérateur Free, Xavier Niel, entré dans le classement des 500 plus grandes fortunes de France en 2003 avec 80 millions d'euros et qui pèse actuellement plus 5,9 milliards.

30 juillet 2013

Donner priorité à la dette et à la réduction des déficits, c’est jeter des steaks aux requins

Chaque matin, les radios mentent : « Il n’y a plus d’argent dans les caisses. » « Si on ne rembourse pas la dette, nos enfants devront la payer. » « Chaque enfant qui naît, naît avec 25 000 euros de dette sur la tête. » « Un État, c’est comme un ménage, il ne doit pas dépenser plus que ce qu’il gagne. » « On dépense trop. » « Il faut faire des économies. » Comment comprendre que tout ça est de la propagande pour vous faire bosser plus en vous donnant moins ?

Comment admettre que notre gouvernement de gauche reprenne ces leitmotivs ? Et qu’incroyablement, il vienne de décider d’un budget d’austérité 2014 qui s’avère un record dans les annales. Pourtant, la preuve est faite, année après année : la dette publique de la France s’élevait à 85,9 % du PIB, fin 2011, et à 90,2 %, fin 2012. Elle a atteint 91,7 % à la fin du premier trimestre 2013, selon l’INSEE. Quelle est cette politique qui aboutit au contraire de ce qui est escompté et annoncé ? À quoi ça sert que le déficit baisse de 5,3 % en 2011, à 4,8 % en 2012, qu’il atteigne 3,9 % du PIB en 2013 ? Il est fixé à 3 % en 2014 et à 0,5 % en 2017 pour obéir aux libéraux de Bruxelles et au TSCG (« traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance » sic).

Mais au fur et à mesure, la dette publique augmente de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Pourquoi ? Parce que cet argent qui sert à rembourser la dette, ces économies qui sont faites sur les dépenses, induisent stagnation de la croissance et récession. Le blocage du SMIC et le gel des points d’indice des fonctionnaires, la baisse des salaires et des retraites aboutissent à celle des recettes fiscales et sociales. La stagnation des salaires et des prestations sociales exigée par le MEDEF et la Commission européenne écrase la demande solvable des salariés. C’est comme un commerçant dont la banque exige de payer des traites à marche forcée au détriment de l’approvisionnement de ses stocks. Son chiffre d’affaires baisse et sa dette augmente au fur et à mesure qu’il la rembourse. C’est comme un jardinier qui arrose le fleuve pendant que son jardin dépérit.

Donner priorité à la dette et à la réduction des déficits, c’est jeter des steaks aux requins, mais c’est aussi les enlever de la bouche des passagers du navire. Sans desserrer l’étau usurier des banques privées, sans remettre en cause les dettes publiques de l’État, et investir tout de suite, de façon urgente, dans la relance, il n’y a pas d’issue.

En un mot, il faut dépenser « plus » (et non pas « moins ») pour nous en sortir. Au lieu de nous serrer la ceinture, de nous flexibiliser, il faut travailler mieux, moins, tous, et gagner plus... Tout de suite. Il va falloir être nombreux – comme au Portugal, en Turquie, en Égypte, au Brésil – à manifester à la rentrée en défendant nos retraites, pour que la gauche entende cela.



Gérard Filoche - l'Humanité Dimanche